Cargneule

Nom féminin. Mot d’origine paysanne suisse, répandu ensuite par les géologues anglais. Roche sédimentaire carbonatée détritiqueDétritique Roche sédimentaire issue de l'érosion des continents. (du latin detritus et de deterere : user en frottant). Qui est formé en totalité ou en partie de débris, ou qui est un débris., d’aspect alvéolaire ou carié, souvent bréchiqueBréchique Ayant des caractères de brèche., composée en moyenne de 70 % de calcaireCalcaire Du latin calcarius. Roche sédimentaire carbonatée contenant au moins 50% de calcite et faisant effervescence au contact d'un acide dilué (Acide chlorhydrique à 10%). et de 20 % de dolomie, avec un peu de magnésium et de gypse. La couleur varie du jaune au brun rouille. Elle résulte d’un processus chimique : la cargneulisation, qui est la transformation de dolomie calcareuse, de calcaire dolomitique ou de brèches calcaréo-dolomitiques, en calcaire. Il y a dissolution de la dolomie principalement par des eaux d’imprégnation ou de percolationPercolation Du latin percolare : filtrer, passer à travers. Passage d’un fluide à travers un sédiment plus ou moins perméable. (passant à travers les roches) chargées en sulfateSulfate Minéral contenant du soufre. de calcium, qui remplacent notamment le magnésium par du calcium. Les cargneules sont le plus souvent associées aux roches évaporitiques, souvent proches de couches de gypse. Ces roches sont courantes dans le TriasTrias Période la plus ancienne de l'ère secondaire (-251 à -199,6 millions d'années). des Alpes, où elles jalonnent souvent des surfaces de chevauchement. A l’affleurementAffleurement Partie d’une coupe géologique rendue visible à la surface de la Terre, par l’érosion ou par une faille. Un affleurement peut être horizontal ou vertical et comporter alors plusieurs niveaux géologiques., elles forment des masses peu à pas stratifiées. Elles se présentent en reliefs ruiniformes, ou en monolithe de grande taille (pitons, colonnes), et en sous-sol formant des cavernes ouvertes.

Photographe : Gérard Brusseaux.
Source : Institut des Sciences de la Terre de Paris (ISTeP), Sorbonne Université, campus Pierre et Marie Curie, Paris, France.

Laisser un commentaire