La limite Crétacé-Paléogène

Ou limite KT, K de l’allemand Kreide : qui signifie craie  et T de l’allemand Tertiär : qui signifie TertiaireTertiaire Synonyme utilisé pour l'ère Cénozoïque (-66 Ma à l'actuel). La Quaternaire étant considéré comme sa période terminale..

La transition entre les ères SecondaireSecondaire Synonyme : ère Mésozoïque (-251 à -65,5 millions d'années). (périodePériode Division géochronologique utilisée en stratigraphie. Ex. Carbonifère, Crétacé, Quaternaire. du Crétacé) et Tertiaire (période PaléogènePaléogène Première partie de l'ère Cénozoïque comprenant : le Paléocène (ne pas confondre), l'Eocène et l'Oligocène. (-23,03 à -66 Ma).) est marquée par une des plus grandes extinctions de masse, ou crise biotique, du passé, c’est à dire une perte globale de la faune et de la flore marine et terrestre dans un laps de temps très court. Un grand nombre d’espèces (environ 75%) s’éteignit brusquement il y a 66 Ma, les plus connus étant les dinosaures non aviens. Toutefois, l’extinction de la limite Crétacé/Paléogène a aussi éradiqué un grand nombre d’organismes marins : des grands reptiles comme les plésiosaures et les mosasaures, des mollusquesMollusques Animaux invertébrés, à corps mou non segmenté, enveloppé par une membrane appelée : manteau, sécrétant généralement une coquille calcaire. (Céphalopodes, Lamellibranches, Brachiopodes, Gastéropodes et Scaphopodes). comme les Ammonites et beaucoup d’espèces du plancton. Puis, peu à peu, pendant des milliers d’années, l’évolution d’espèces survivantes ou nouvelles a permis de repeupler les mers et les continents. Ainsi, l’extinction des dinosaures a permis la radiation évolutive des mammifères tout au long du CénozoïqueCénozoïque Synonyme de Secondaire (ère Secondaire), ère géologique comprenant le Paléogène, le Néogène et le Quaternaire (- 66 millions d'années à l'actuel). et jusqu’à nos jours.

Les causes de cette extinction sont encore très débattues par les scientifiques. Elles résulteraient de la conjonction d’événements se produisant sur des échelles de temps très différentes : à l’échelle instantané, comme la chute d’un grand météorite sur la presqu’île du Yucatan (cratère d’impact situé à Chicxculub, Mexique, Amérique centrale) ; de quelque milliers à quelque centaines de milliers d’années, comme le volcanismeVolcanisme Ensemble des manifestations volcaniques et des phénomènes qui s'y rapportent. massif des trapps du Deccan (ouest de l’Inde) ; jusqu’à quelques millions d’année pour une régressionRégression Du latin regressio : retour. Retrait de la mer en deçà de ses limites antérieures. marine majeure.

La limite K-Pg est connue depuis très longtemps par les géologues et les paléontologues car c’est une des plus nettes sur le terrain. Certains dépôts sédimentaires, de par le monde, enregistrent la trace de la fin de l’ère Secondaire et le début de l’ère Tertiaire par un niveau d’argile sombre, a très faible teneur en carbonate. Ce niveau d’argile est le témoin de la grande extinction subi par le plancton calcaireCalcaire Du latin calcarius. Roche sédimentaire carbonatée contenant au moins 50% de calcite et faisant effervescence au contact d'un acide dilué (Acide chlorhydrique à 10%). (foraminifères planctoniques et nannoplancton calcaire). En effet, en coïncidence de ce niveau, on enregistre la perte de plus de 86% d’espèces du plancton calcaire qui, à l’époque comme aujourd’hui, était le principal producteur de carbonate biogénique. La crise K-Pg en milieu marin est donc une crise de la bio-calcification.

En 1980, « d’importantes quantités d’Iridium » de l’ordre de quelques ppb (partie par billion) furent découvertes dans ce niveau argileux, ce qui a été interprété comme la signature de l’impact de Chicxculub.

Texte : Laurence Le Callonnec (Institut des Sciences de la Terre de Paris (ISTeP), Sorbonne Université, campus Pierre et Marie Curie, Paris, France) et Silvia Gardin (Centre de Recherche sur la Paléobiodiversité et les Paléoenvironnements – UMR 7207 – Sorbonne Université, campus Pierre et Marie Curie, Paris, France).

Nous prendrons ici pour exemple, l’impact sur la microfaune marine carbonatée : les foraminifères planctoniques, sur un niveau prélevé juste en-dessous de la limite et un autre au-dessus. Ils proviennent du Pays Basque français : la baie de Loya (pointe Sainte-Anne, près d’Hendaye, Pyrénées Atlantiques, France), et du Pays basque espagnol : Zumaya ou Zumaia.

Photographe : Laurence Le Callonnec.
Source : Laboratoire Biominéralisations et Paléoenvironnements, Sorbonne Université, campus Pierre et Marie Curie, Paris, France.

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