L’eau du Sahara

Le Sahara renferme dans son sous-sol profond, d’importantes quantités d’eau. Ces grandes nappes aquifères d’origine sédimentaireSédimentaire Qui est constitué de sédiment. sont réparties sous l’Algérie, la Tunisie, la Libye, l’Egypte et le Soudan. Le volume de l’aquifère septentrional qui s’étant seulement sous l’Algérie, la Tunisie et la Libye (un million de km2) représenterait 31 000  milliards de m3. La nappe aquifère du Sahara septentrional s’est formée il y a 10 000 ans, quand le climat était plus humide. Toutes les nappes aquifères du Sahara ne sont pas potables, certaines de ces eaux sont salées (1 à 5 grammes par litre), d’autres sortent du sol à une température très chaude (jusqu’à 80°C) et doivent être refroidies avec des procédés industriels de refroidissement, avant de pouvoir servir à l’irrigation.

Par ailleurs, on pensait que les nappes aquifères du Nord du Sahara étaient uniquement fossiles, donc non renouvelable (comme le pétrole et le charbonCharbon Du latin carbo : même sens. Terme général désignant, au sens large, une roche sédimentaire servant de combustible enrichie en carbone (80% environ), et constituée essentiellement de débris végétaux ayant subi un processus complexe appelé carbonification ou carbonisation.). Mais des relevés obtenus par satellite depuis 2002 (mission : Gravity Recovery Climate Experiment de la NASA) au-dessus de la partie Nord du Sahara, notamment en Algérie, ont montré que dans cette région, ces nappes n’étaient pas entièrement fossiles et qu’elles étaient réalimentées en partie chaque année, d’une moyenne de 1,4 km3 par an entre 2003 et 2010 (travaux parus dans Geophysical Research Letters). Cela correspond à 40 % des prélèvements fait par l’homme (irrigation) et la végétation (oasis). Ce n’est bien sûr pas suffisant pour compenser ces prélèvements toujours croissants, mais cette connaissance permettra à l’avenir de gérer plus rationnellement les ressources en eau, des régions semi-arides de l’Algérie et de la Tunisie. Faute de quoi ces nappes risquent de disparaître d’ici cinquante à cent ans.

Photographe : Jamel Benmamar.
Source : Milieux environnementaux, Transferts et Interactions dans les hydrosystèmes et les Sols (METIS) -UMR 7619 -, Sorbonne Université, campus Pierre et Marie Curie, Paris, France.

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