Ou chutes Niagara. Elles sont situées dans le nord-est de l’Amérique du nord, sur la rivière Niagara (entre le lac Érié et le lac Ontario), dont le milieu constitue la frontière entre le Canada (province de l’Ontario) et les Etats-Unis (Etat de New York).
Elles sont constituées d’un ensemble de trois chutes d’eau :
- Les chutes du fer à Cheval (ou chutes canadiennes, hauteur : 52m, largeur : 792m), (images 11 à 17).
- Les chutes américaines (hauteur : 21m, largeur : 323m), (images 4 à 8).
- Le voile de la mariée (petite chute à peine séparée des chutes américaines par l’île luna island, hauteur : 21m, largeur : une dizaine de mètres, images 9 et 10).
Les chutes du Fer à Cheval ou chutes canadiennes (à l’ouest) sont séparées des chutes américaines et du voile de la mariée (à l’est), par Goat island, ou île de la chèvre, large de 500m. L’ensemble s’étend sur plus de 1600m de largeur. Si ce ne sont pas les chutes les plus hautes d’Amérique du Nord, s’en sont les plus puissantes, avec un débit de 2832 m3 par seconde pendant l’été, et de 5720 m3/s pendant la haute saison (fonte des neiges). 90% du débit passe par la chute du Fer à Cheval. Cependant, dans l’histoire récente, ces chutes se sont asséchées complètement en 1848 et en 1969.
Réseau hydrographique :
Ces chutes font partie du réseau hydrographique des Grands Lacs, le plus grand système d’eau douce du monde. En amont des chutes, on trouve : le lac Supérieur, la rivière Sainte Marie, le lac Michigan, le lac Huron, la rivière Sainte Claire, le lac Sainte Claire, la rivière Détroit, le lac Érié et la rivière Niagara sur laquelle se trouvent les chutes. Vers l’aval, le flux continue par les lacs Ontario, Saint-Laurent, Saint-François, Saint-Louis et enfin le fleuve Saint-Laurent, qui se jette à plus de 1400 km des chutes, dans l’Atlantique Nord. Ce réseau hydrographique, de l’extrémité ouest du lac Supérieur jusqu’à l’embouchure du Saint-Laurent, s’étend sur environ 3560 km.
Formation géologique :
Ce gigantesque réseau hydrographique apparaît après la dernière périodePériode Division géochronologique utilisée en stratigraphie. Ex. Carbonifère, Crétacé, Quaternaire. glaciaire de l’Amérique du Nord, dite glaciation du Wisconsin. Entre -100 000 et -10 100 ans BPBP Ou B.P., de l’anglais Before Present qui signifie avant le présent, ou avant aujourd’hui (AA). Ce dernier sigle est utilisé depuis peu. environ, une calotte glaciaire continentale ou inlandsis laurentidien, descend du pôle nord jusqu’au 40ème degré de latitude nord, soit une ligne traversant les Etats-Unis, du nord de la Californie au nord de la Pennsylvanie. L’épaisseur de cette calotte est estimée entre 2 et 3 km. La période post glaciaire provoque la fonte de l’inlandsis, vers -12 500 ans. Le puissant flux des eaux de fonte creuse des vallées profondes, aujourd’hui occupées par les Grands lacs. C’est à la même période que se forment les nombreux lacs plus à l’Ouest du Canada.
Cette histoire se poursuit. Au pied des chutes américaines se trouve un amas de roches brisées issu de l’effondrement d’un énorme rocher en 1954 (image 7). L’érosion permanente a déjà fait reculé les chutes de 11km depuis leur point d’origine géologique (-12 500 ans), mais elle est maintenant réduite à une trentaine de centimètres par an (estimation), grâce à de nouvelles technologies : en détournant les courants vers les centrales hydroélectriques, en créant des déversoirs souterrains, etc. Mais elle n’est pas stoppée. L’érosion des derniers siècles était située entre 1m et 1,5m par an. Un jour, dans un avenir plus lointain, l’érosion finira par faire reculer la limite des chutes vers le lac Érié. Les scientifiques pensent qu’elles pourraient se tarir dans environ 2000 ans.
Production hydroélectrique :
Ce contexte hydrologiqueHydrologique En rapport avec l’hydrologie. a attiré dès le début du XIX siècle, l’intérêt des industriels et notamment pour la production d’électricité. Cet attrait est toujours d’actualité. Depuis le 21 Mars 2013, un tunnel de 10 km relie un point en amont de la chute du Fer à Cheval, au niveau de la station de contrôle internationale (Canada/U.S.A.), à la centrale hydroélectrique de Sir Adam Beck 1, mise en service en 1922 sous le nom de centrale Queenston Chippawa et la centrale Sir Adam Beck 2, mise en service en 1954. Ce complexe est situé plus en aval au bord de la rivière Niagara, en face de la centrale hydroélectrique américaine Robert Moses. La construction de ce tunnel, le plus grand projet hydroélectrique des 50 dernières années, a duré 8 ans. Le tunnel passe sous la ville de Niagara Falls en Ontario, Canada. Son diamètre de 14m et ses parois de 60 cm d’épaisseur, ont nécessité 500 000 m3 de béton pour sa construction. Il permet d’acheminer environ 500m3 d’eau/s (soit le contenu d’une piscine olympique de 50m toutes les 6 secondes). L’eau remonte verticalement, se déverse dans un canal qui alimente la centrale. Celle-ci produit près de 1,6 milliards de kWh d’énergie hydroélectrique renouvelable, soit l’alimentation en énergie de 400 000 habitants. En sortie de turbine, l’eau est rejetée dans la rivière Niagara.
Photographe : Audrey Brusseaux
Source : Extérieure bénévole