Tourbe

Roche sédimentaireSédimentaire Qui est constitué de sédiment. carbonée et peu mature, légère, friable, grasse, de couleur brune à noirâtre. La tourbe est constituée d‘environ 55 % de carbone (C). Elle est issue de la décomposition d’humus de sphaigne qui est une mousse spécifique des zones humides, acides et froides, où l’eau stagne dans le sol toute l’année. Ces zones sont appelées tourbières, que l’on trouve en altitude et en plaine. Il existe d’autres catégories de tourbes issues de la décomposition de végétaux ligneux ou de carex (Cypéracée des marécages), certaines peuvent être calciques. La tourbe est gorgée d’eau dans les gisements. C’est une matière en voie de fossilisationFossilisation Ensemble des processus conduisant à la conservation des restes d'organismes vivants dans des sédiments. qui évoluera en charbonCharbon Du latin carbo : même sens. Terme général désignant, au sens large, une roche sédimentaire servant de combustible enrichie en carbone (80% environ), et constituée essentiellement de débris végétaux ayant subi un processus complexe appelé carbonification ou carbonisation., sous l’augmentation de la pression et de la température. Mais le processus de carbonisationCarbonisation Processus par lequel une masse de matière organique décomposée se transforme en charbon par enrichissement en carbone, déshydratation et perte de matières volatiles. La transformation totale en charbon est atteinte au bout d'un million d'années en milieu continental. de la matière organiqueOrganique Du grec organon : organe du corps. Débris ou matières qui dérivent d'organismes vivant. n’a pas encore atteint son terme, situé autour du million d’années. La tourbe est un combustible relativement médiocre, à cause de sa trop faible teneur en carbone. Au moyen âge, en Europe, elle a été utilisée comme matériaux de construction (fermes, petites maisons). C’est un bon isolant thermique. Elle est toujours exploitée aujourd’hui en horticulture, pure ou en mélange, pour sa grande capacité à retenir l’eau. Elle ne se rencontre que dans des dépôts récents de quelques milliers d’années.

Commentaire de l’image 3 : tourbière des Narcettes à Montselgues (Ardèche, France). Sur ce plateau, à 1050 m, nappe perchée affleurant dans les grès triasiques (perméables) qui reposent sur le graniteGranite De l'italien granito : grenu. Roche magmatique plutonique à texture grenue, composée de minéraux caractéristiques : quartz, micas (biotite, muscovite), et feldspaths (orthoses, plagioclases). de la Borne (imperméable, en particulier à sa partie supérieure altérée. La tourbière à sphaigne, drosera (= rossoli), carex, linaigrette …, se développe autour de la zone noyée. Elle est ceinturée par une zone à molinies, carex, et encore plus haut par des bruyères mauves, callunes. Au second plan, plateau du Roure et son substratum de granite ; au 3ème plan, le granite du Mont Lozère.

Commentaire de l’image 4 : Tourbière de la Verrerie, Monts de la Madeleine (Département de la Loire, France). Flore caractéristique dans un milieu saturé en eau :

  • Des sphaignes, feuilles gorgées d’eau en étoile, vert pâle à brun vert.
  • Des droseras, fleurs arrondies bordées d’aiguilles rouges parfois frangées de gouttelettes gluantes piégeant les insectes (plantes carnivores).
  • Quelques carex, feuilles très allongées, coupantes, en gerbes.
  • Quelques bruyères à fleurs mauves.

Photographes : Gérard Brusseaux (images 01 et 02) et Jacques Thibiéroz (images 03 et 04).
Source : Institut des Sciences de la Terre de Paris (ISTeP), Sorbonne Université, campus Pierre et Marie Curie, Paris, France.

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